Histoire

La Réforme du XVIe siècle

La Réforme protestante du XVIe siècle n’est ni le premier ni le seul mouvement de renouvellement dans l’histoire du christianisme. Mais elle se distingue des autres par l’ampleur de ses remises en question, au sein de l’Église de l’Occident, qui ont fini par entraîner la création d’Églises nouvelles. De plus, ses conséquences théologiques, sociales et politiques ainsi que dans l’histoire de la pensée ont été significatives. Martin Luther (1483-1546), Huldrych Zwingli (1484-1531), Martin Bucer (1491-1551), Jean Calvin (1509-1564), Lefèvre d’Etaples (~1455-1536) et Guillaume Farel (1489-1565), en furent les acteurs principaux. Voici un résumé du message, toujours pertinent, de la Réforme : l’homme vit devant Dieu dans la seule grâce de celui-ci, dans la foi seule fondée en Christ qui se donne à connaître par la seule Écriture ; il est appelé à protester pour Dieu et contre tout ce qui le diminue, et pour l'être humain et contre tout ce qui le défigure.

A Angers

L'histoire  de l'Église Réformée d'Angers est en quelque sorte le reflet de celle de la  Réforme en France.

Angers voit naître l'une des trois premières Églises réformées en France

Le  9 septembre 1555, de Genève, le réformateur Jean CALVIN envoie aux  protestants issus de la Réforme à Angers leur premier pasteur, Jean de  PLEURS, dit d'Espoir. C'est au cours de cette année 1555 que se dressent les  trois premières Églises issues de la réforme en France : celle de Paris,  celle d'Angers et celle de Poitiers. L'Église Réformée d'Angers connaît  alors, comme ailleurs, bien des vicissitudes ponctuées de persécutions et de  massacres, avec une intensification à partir de 1562 : quelques  protestants sont pendus ou brûlés. Le massacre des protestants invités, à  Paris, au mariage de la princesse Margot, sœur du roi Charles IX avec le  prince protestant Henri de Navarre, Henri IV, à la Saint Barthélemy, le 24  août 1572, a des répercussions jusqu’à Angers puisque le Comte de Montsoreau  met à mort François le Maçon, principal fondateur de l’Église réformée  d’Angers, devenu pasteur.

Après  la signature de l'Édit de Nantes, le 30 avril 1598, les protestants d'Angers  vivent une période de calme relatif et célèbrent leurs "prêches" à  proximité d'Angers dans le paisible village de Sorges où leur premier temple,  qu’ils utilisent pendant près de 85 ans, a été officiellement obtenu en 1599.

Peu  après la mort d’Henri IV, survenue en 1610, les protestants subissent de nouvelles  persécutions. Dès 1681, les premiers “dragons”, soldats du roi,  s’incrustaient chez les protestants pour leur empester la vie. En 1685, Louis  XIV déclare la disparition du protestantisme de son royaume et révoque l'Édit  de Nantes par celui de Fontainebleau. Beaucoup de protestants d'Angers sont  obligés d'abjurer et de se convertir au catholicisme. Le temple de Sorges est  détruit en septembre 1685. Le protestantisme vit dans le “désert”.

Les protestants angevins n'ont pas tous disparu à la Révocation

Si  l'histoire des protestants d'Angers paraît alors officiellement close,  certains continuent à "résister" dans la clandestinité et  entretiennent "un vivier protestant" qui s'épanouit à nouveau au  XIXe siècle. C'est en 1843 que l'existence d'un groupe de  protestants sur Angers est de nouveau mentionnée depuis la Révocation, et le  premier culte régulier est célébré dès 1845. Le petit groupe existant était  surtout composé d'anglais. En août 1846 est dressée une liste de 56 familles  ayant soutenu le culte protestant. En juillet 1849, l'assemblée municipale  leur propose l'Ecole de dessin, ancienne Chapelle du Petit Séminaire Saint  Eloi construite au XII e siècle, située rue du Musée, comme lieu de  culte. Le culte d'inauguration y est célébré le 20 octobre 1850, présidé par  Adolphe MONOD.

Depuis  1850 la petite communauté s'est reconstituée et compte maintenant environ 300  foyers. Elle célèbre avec bonheur le culte dans cette magnifique chapelle,  transformée en Temple, mise à sa disposition par le Conseil Municipal  "tant que le culte y sera célébré".

 

Le Conseil Presbytéral  avec les pasteurs
BOEGNER et DESSEN
(12 juin 1955)

Extrait de Histoire de  l'Eglise Réformée d'Angers,
éd. ERF Angers-Cholet, 1955, 1998,
par E. DESSEN

 


A Cholet

Le  projet de construire un temple protestant réformé à Cholet est évoqué depuis le  temps où Edouard DESSEN était pasteur à Angers et PITTET président du  consistoire de Vendée - Val de Loire. A son arrivée en tant que pasteur à  Angers, Pierre TOUTLEMONDE prend le projet en main. Au printemps 1958, G.  PRISSET, Maire de la ville de Cholet, autorise la cession d’un lotissement,  appelé " la Grange ", situé sur la route du Puy  St-Bonnet. Le 27 septembre 1959, un culte rassemblant près de 250 protestants  de toute la région a permis de signifier l’occupation du terrain.

Un temple à Cholet…

La  ville de Cholet, de près de 32000 habitants, était alors en train de devenir  un pôle économique entre le Maine et Loire, une bonne partie de la Vendée, le  nord des Deux-Sèvres et le Sud-Est de la Loire-Atlantique. Certains usines de  la banlieue parisienne se sont installés là, avec un apport massif de toute  une population ouvrière étrangère à la mentalité locale alors très  catholique. Les Eglises de Vendée et de Val de Loire constituaient un seul  consistoire dont Cholet était le centre géographique. Mais pour Pierre BOURGUET, président du Conseil National de  l’Eglise Réformée de France, BÂTIR, " cela nécessite plus encore de  persévérance que d’enthousiasme ".

En  1959, la communauté protestante de Cholet comportait près de 40 familles  connues. Elle était décrite comme une " petite, mais active  communauté protestante qui s’accroît d’année en année, en particulier par  l’arrivée de familles venant de la Vendée ". Il était même envisagé  que Cholet puisse un jour avoir son poste pastoral.

Le  temple est dédicacé le 7 juillet 1968.

Aujourd’hui…

Depuis  que la Vendée s’est constituée en consistoire à elle toute seule, Cholet  n’est plus un pôle de rencontre. Le poste pastoral n’a jamais encore pu être  créé. La communauté de Cholet compte environ 30 familles protestantes  connues, dont la motivation dépend surtout de la présence d’éléments moteurs,  souvent de passage, dans son sein.

 

Les Protestants de  toute la région occupe le lotissement appelé "la Grange", sur la  route du Puy St Bonnet, sur lequel se construira le temple de Cholet.
(27 septembre 1959)